Il y a un an, la mort de Mohamed Bouazizi déclenchait la révolution
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- Publié le Samedi, 17 Décembre 2011 21:59

Le 17 décembre 2010, un marchand ambulant se voyait confisquer sa marchandise par la police. Quelques heures après, Mohamed Bouazizi s'immolait devant la préfecture de Sidi Bouzid. L'événement allait déclencher la révolte dans le pays.
Par FRANCE 24
AFP - Un vendeur ambulant, une policière, une altercation. C'est ainsi que commence le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid la révolution tunisienne, qui déclenchera ensuite "le printemps arabe". Les protagonistes de cette journée historique, eux, ont été broyés.
Le 17 décembre en fin de matinée, une dispute oppose Mohamed Bouazizi, 26 ans, vendeur ambulant non autorisé, et Fayda Hamdi, agent municipal de 45 ans, qui lui confisque sa marchandise. Deux heures plus tard, le jeune homme s'immole par le feu devant la préfecture de Sidi Bouzid, et les premières manifestations commencent.
Par David THOMSON, correspondant France 24
Aujourd'hui, les mémoires s'opposent et se déchirent dans cette ville du centre-ouest du pays toujours ravagée par le chômage et la pauvreté qui ont déclenché la révolution il y a un an.
Fayda Hamdi a repris le travail en octobre à la municipalité de Sidi Bouzid. Assise dans son bureau sans fenêtres, où s'engouffrent les courants d'air glacés, elle dit: "je ne fais rien, comme tout le monde ici". Le bâtiment a été mis à sac après l'annonce des résultats des élections d'une assemblée constituante du 23 octobre, et les agents municipaux ne vont plus sur le terrain.
Accusée d'avoir "giflé" Bouazizi --une version que plus personne n'évoque aujourd'hui à Sidi Bouzid-- Mme Hamdi a passé trois mois et demi en prison avant de bénéficier d'un non lieu en avril, après la révolution.
"J'ai été arrêtée le 28 décembre. J'ai servi de bouc émissaire, le pouvoir voulait calmer la colère des gens. Mais ça n'a rien calmé, et tout le monde m'a oubliée dans ma prison de Gafsa", raconte-t-elle.
Beau visage fatigué encadré d'un voile gris, yeux noirs perçants, Fayda Hamdi a toujours deux choses dans son portefeuille: le non-lieu de la justice en sa faveur, et une photo d'elle en uniforme. "J'aimais mon métier, et j'ai été punie parce que je n'ai fait qu'appliquer la loi", insiste cette femme qui avait la réputation d'être une fonctionnaire dure et intègre.
Elle évite de parler de Mohamed Bouazizi, dit juste qu'elle était "sous le choc" lorsqu'elle a appris son immolation.
Son supérieur intervient, en colère. "Elle n'y est pour rien s'il s'est brûlé! C'est une histoire incorrecte qui a été écrite, une pièce de théâtre", lance Mohamed Salah Missaoudi.
Mme Hamdi a décidé de reprendre ses fonctions à Sidi Bouzid, malgré d'autres propositions. "Si j'avais changé d'affectation, on aurait dit que j'avais quelque chose à me reprocher".
Car malgré ses 100.000 habitants, Sidi Bouzid est une petite ville, traversée par le qu'en-dira-t-on et la rumeur.
La famille Bouazizi n'y a pas échappé et a fini par quitter la ville.
"Trop de choses fausses ont été dites. On a raconté que la maman de Bouazizi avait touché de l'argent, qu'elle profitait de la mort de son fils. Et lui, on a voulu salir sa réputation", soupire Mohamed Amri, un ami du jeune vendeur défunt.
Des gens ont prétendu qu'il n'avait jamais voulu s'immoler, qu'il était ivre au moment des faits. Il se redresse, comme s'il avait été giflé: "c'est faux! C'était un garçon sérieux, correct, qui n'avait qu'un rêve, travailler, s'acheter une voiture, construire une maison".
Membre du "festival de la révolution du 17 décembre", qui s'apprête à commémorer le soulèvement, Youssef Jleli est plus cynique.
"Est-ce que Bouazizi voulait vraiment se brûler ? Seuls des psychiatres auraient pu répondre. Est-ce que Fayda a fait de la prison pour rien ? sans doute. Nous, ce qui nous intéresse, ce sont les conséquences du 17 décembre".
Depuis quelques jours, la photo de Mohamed Bouazizi a été raccrochée au fronton de la wilaya, la préfecture devant laquelle il s'est transformé en torche humaine. Sa mère a dédié au "peuple tunisien" le Prix Sakharov reçu par son fils à titre posthume.
Au café, ses amis entretiennent le souvenir du jeune homme.
"Quand on jouait, il abattait toujours ses cartes sur la table avec force et s'exclamait: vous allez voir, je vais tout faire péter! Aujourd'hui, on en rit..."
un an après la révolution : quand Ben Ali n'y croyait pas...
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- Publié le Vendredi, 13 Janvier 2012 18:19
Alors que la Tunisie fête samedi le premier anniversaire de la chute de Ben Ali, l'ancien Premier ministre Mohammed Ghannouchi se souvient d'un entretien édifiant qu'il a eu avec le tyran déchu, le matin du 14 janvier 2011 : "Ils n'arriveront à rien, quitte à en tuer mille ou plus", déclarait alors Ben Ali...
Le 14 janvier 2011, l'indéboulonnable Zine El Abidine Ben Ali fuyait la Tunisie après 23 ans de règne, premier despote arabe chassé par son peuple. Alors que la Tunisie fête samedi le premier anniversaire de cette journée historique, qui a déclenché le mouvement du "printemps arabe", de nombreux témoins de la chute du despote reviennent sur ces jours qui ont vu le peuple prendre son destin en main. Parmi eux, l'ancien Premier ministre Mohammed Ghannouchi se souvient d'un entretien édifiant qu'il a eu avec le tyran déchu, le matin du 14 janvier 2011 : "ls n'arriveront à rien, quitte à en tuer mille ou plus", déclarait alors Ben Ali...
Ce jour là, des centaines de manifestants ont commencé à se rassembler sur la grande artère de la capitale tunisienne pour réclamer le départ de Ben Ali, confronté à un soulèvement populaire sans précédent depuis le 17 décembre. "Le matin du 14 janvier j'ai appelé le président et lui ai dit ce qui se passait sur l'avenue Bourguiba", à Tunis, a raconté le Premier ministre de l'époque sur la chaîne nationale tunisienne. La réponse de Zine El Abidine Ben Ali tombe comme un couperet: "Ils n'arriveront à rien. Quitte à ce qu'on en tue mille, ou plus", a répondu Ben Ali, selon son Premier ministre. "J'étais sous le choc. Je découvrais un autre homme que celui avec qui je travaillais depuis des années", a poursuivi M. Ghannouchi. Selon son récit, il assure au président que la répression n'est "pas la bonne solution" et lui demande de "mettre en oeuvre des mesures pour le développement et contre la corruption". "On en parlera après", réplique Ben Ali. M. Ghannouchi assure alors avoir décidé de quitter son poste pour "ne pas être complice" d'un éventuel bain de sang.
"Il va y avoir un bain de sang"
Dans l'après-midi du 14 janvier, il reçoit un coup de téléphone d'un haut gradé militaire qui lui dit: "Ben Ali est parti, le pays est entre tes mains. Si tu n'assumes pas, il va y avoir un bain de sang". Le président tunisien, son épouse Leïla et quelques proches se sont rendus à l'aéroport militaire de Carthage et se sont envolés vers l'Arabie Saoudite, dans des circonstances encore mal connues.
A 19 heures ce 14 janvier 2011, Mohammed Ghannouchi déclare à la télévision assurer l'intérim de la présidence en remplacement de Ben Ali qui a quitté la Tunisie après 23 ans de pouvoir. Mohammed Ghannouchi sera nommé le surlendemain Premier ministre et gouvernera jusqu'au 27 février, date à laquelle il démissionne sous la pression de la rue.
un nouveau gouvernement dominé par Ennahdha
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- Publié le Jeudi, 22 Décembre 2011 15:04
Après de longues tractations et des tiraillements internes au sein des trois partis majoritaires, le premier gouvernement tunisien de l'après-Ben Ali doit être soumis jeudi après-midi à l'approbation de l'assemblée nationale constituante (ANC) pour un vote de confiance.
Dirigé par le No2 d'Ennahdha, Hamadi Jebali, le nouveau gouvernement, dont la composition a été dévoilée par la radio privée Mosaïque FM, est dominé par ce mouvement islamiste, grand vainqueur des élections d'octobre. Mohamed Bennour, porte-parole du mouvement Ettakatol, a confirmé à l'AP la composition de ce gouvernement.
Le parti Ennahda de l'ancien exilé à Londres, cheikh Rached Ghannouchi, s'accapare les ministères régaliens et plusieurs autres portefeuilles, à l'exception du ministère de la Défense. Ce dernier reste aux mains d'Abdelkrim Zbidi, seul membre du gouvernement sortant de Béji Caïd Essebsi à être reconduit.
Le ministère des Affaires étrangères est, lui, revenu au gendre du chef d'Ennahdha Rafik Abdessalem.
Les deux autres partenaires au sein de la "Troïka", le Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol ou Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), se partagent les ministères restants aux côtés de plusieurs indépendants dont l'ancienne star du football tunisien Tarek Dhiab, qui sera chargé de la Jeunesse et du Sport.
Leurs leaders se sont vu attribuer, pour le premier Moncef Marzouki (CPR), la présidence de la République, pour le second Mustapha Ben Jaâfar (Ettakatol), la présidence de l'ANC.
Composé initialement de 51 portefeuilles selon des fuites parues dans la presse locale, le gouvernement a été revu à la baisse pour être finalement réduit à 41 membres sous la pression des médias et de la rue qui l'ont jugé pléthorique et coûteux pour le budget de l'Etat en difficulté. Des départements ont été fusionnés tandis que nombre de fonctions de ministres délégués auprès du chef du gouvernement et de secrétariats d'Etat ont été supprimées. Y figurent seulement trois femmes.
Interrogé sur le nouveau ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, le modérateur du mouvement islamique Samir Dilou a écarté tout relent de népotisme. Docteur en sciences politiques, diplômé de l'université londonienne de Westminster et ancien chef du département de recherches au centre d'études de la chaîne qatarie Al-Jazira, Rafik Abdessalem se prévaut des compétences requises pour mener à bien la diplomatie tunisienne.
Selon le journal électronique "Leaders", c'est dans la capitale britannique où il a été contraint de se réfugier en 1993 en raison de son militantisme, au sein de l'organisation estudiantine islamiste tunisienne UGTE, qu'il a connu la fille du cheikh Rached Ghannouchi, Intissar. Cette éditorialiste au quotidien "The Guardian" deviendra son épouse et lui donnera deux enfants.
Sans vouloir faire table rase de ce qui existe, il projette de "renforcer et adapter le dispositif diplomatique tunisien au nouveau contexte, pour aller de l'avant et assurer le rayonnement international de la Tunisie".
"La révolution est venue hisser la Tunisie à une place très respectée que nous devons mettre à profit pour développer nos relations extérieures à commencer avec les pays frères dans la région, avec l'Europe et les nouvelles forces émergentes et explorer de nouveaux horizons", ambitionne-t-il.
Parmi ce que le président Marzouki appelle le "tsunami de dossiers urgents" qui attendent le nouvel exécutif, figure le taux de chômage qui affecte plus de 700.000 personnes, dont quelque 200.000 diplômés des universités. Bon nombre d'entre eux végètent depuis des années dans l'espoir de trouver un emploi.
Aggravé par les grèves et les sit-in qui perdurent depuis près d'un an, le chômage est passé de 13 à 18% de la population active.
La tâche est d'autant plus ardue que la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit une croissance nulle pour 2011.
Pour avoir résisté plus de 16 ans dans les geôles de Ben Ali, le nouveau Premier ministre Hamadi Jebali affiche un optimisme mesuré et une détermination à relever le défi. Les membres du prochain gouvernement sont "des militants bénévoles" dont plusieurs "surprendront les Tunisiens en renonçant à une partie de leurs salaires", martèle-t-il.
Signe d'une volonté de rompre avec les pratiques de l'ancien régime, il assure que son cabinet "veillera à consacrer la transparence et l'honnêteté dans ses rapports avec le peuple et fera montre d'austérité pour préserver l'argent public". Le gouvernement s'attachera à lutter contre "la corruption qui a gangrené ce secteur envahi par le clan (du président déchu) Ben Ali et ses proches", dit-il.
Face aux appréhensions qui ont suivi l'arrivée des islamistes au pouvoir, il semble, par ailleurs, vouloir rassurer en réservant un ministère aux Droits de l'Homme.
Reste à savoir si les 12 à 18 mois, que devrait durer normalement la deuxième période transitoire, seront suffisants pour répondre aux attentes d'une population impatiente de voir le bout du tunnel.
Tunisie: Moncef Marzouki élu président de la République
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- Publié le Lundi, 12 Décembre 2011 18:18
Moncef Marzouki, un farouche opposant à Ben Ali a été élu lundi par l'Assemblée constituante président de la République tunisienne, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Moncef Marzouki, 66 ans, dirigeant du Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste), a été élu par 153 voix pour, 3 contre, 2 abstentions et 44 votes blancs sur un total de 202 votants sur les 217 membres de la constituante. Sa première mission sera de désigner le chef du gouvernement, qui devrait être l'islamiste Hamadi Jebali.
Les articles 5, 12 et 18 du projet relatif à l’organisation provisoire des pouvoirs publics adoptés
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- Publié le Mercredi, 07 Décembre 2011 09:38

LE BARDO (TAP) - La coalition tripartite majoritaire au sein de l’Assemblée nationale constituante est parvenue à adopter les amendements proposés par certaines parties au sujet des articles 5, 12 et 18 du projet relatif à l’organisation provisoire des pouvoirs publics, a annoncé, mardi, Mohamed Abbou, membre du Bureau politique du parti du Congrès pour la République (CPR).
Dans une déclaration à l’agence TAP, M. Mohamed Abbou a indiqué que les trois parties majoritaires sont parvenues à adopter la règle de (50%+1) pour le retrait de la confiance du gouvernement, du président de la République par intérim et du président de l’Assemblée Constituante.
L’élection du nouveau président de la République par intérim sera effectuée lors des deux prochains jours, a-t-il indiqué, précisant que le nouveau président de la République par intérim chargera M. Hammadi Jebali, secrétaire général du parti du mouvement «Ennahdha», de former un nouveau gouvernement, dans les plus brefs délais.











